Bio


au sud de la Drôme en 1968, quelque part entre Alpes et Provence, je reste attaché à ces régions drapées d'escarpements minéraux aveuglants de lumière. J'ai souvent fait mienne la devise de Lionel Terray: "si ce mot a un sens, je suis un montagnard".

Cependant ma vocation était de devenir dessinateur : "faire" comme Moebius et les autres auteurs de la revue Métal Hurlant, qui me faisaient tant rêver.

Comme je n'aimais pas beaucoup l'école, j'ai suivi un parcours alternatif.

Les techniques de base du dessin, c'est un graphiste qui me les a enseignées quand j'avais 17 ans. Ensuite, j'ai pu rentrer aux Beaux-Arts. Pendant que les profs essayaient de m'inculquer l'art contemporain, les élèves, eux, me faisaient découvrir la culture punk.


Mais globalement, c'est par un long travail autodidacte et solitaire que je suis parvenu à concrétiser mes idées sur papier. J'ai passé beaucoup de temps à réaliser des planches de BD, des illustrations et à participer à des fanzines.

J'ai quand même fini par suivre une formation de maquettiste en imprimerie, mais j'avais les plus grandes difficultés à me plier aux contraintes d'un emploi d'exécutant dans l'industrie graphique.


Le destin a frappé à ma porte quand j'ai rencontré l'univers du cinéma d'animation, me laissant enfin entrevoir une possibilité de vivre de mon art.


J’ai débuté dans la profession de designer graphique de personnages pour des séries TV en 1998, en Arles grâce à une formation suivie d’embauche organisée par le légendaire Pierre Ayma, malheureusement décédé cette même année.


La période de travail des studios Arlésiens dura moins de trois ans. Ce fut épique et rocambolesque : une vraie corrida ! Je suis resté en contact avec certains de mes anciens collègues, qui ont souvent su rebondir et faire carrière.


Ensuite, je suis revenu à des projets personnels en BD, mais avec une meilleure technique et des idées toutes neuves. Je me sentais très créatif mais à ce moment-là, n'ai pas su trouver ma voie dans le milieu de l'édition.


J'ai donc éprouvé le besoin d'entrer au cœur la mécanique narrative et de peaufiner ma culture cinématographique en suivant une formation de scénariste audiovisuel en Avignon.

Ceci m'a permis de réaliser un court métrage, d'y faire figurer le directeur de l'IMCA, Jaky Monteillard et surtout de suivre les ateliers d'écriture d'Antoine Tudal.


Ce fut une période riche en rencontres passionnantes. Cependant, je restais avant tout un dessinateur, et j'avais davantage d'aisance à créer graphiquement plutôt que verbalement.

C'est à ce moment-là qu'on m'a proposé d'animer des stages d'aquarelle de paysage dans les Hautes-Alpes.


Les cours de couleurs un peu sévères et élitistes des Beaux-Arts me sont alors revenus en mémoire et en réaction, j’ai mis au point un cours simple et ludique abordant des notions théoriques sur la couleur. 

Il a suffit d'un coup de fil déclenché par un ami, et voilà qu'une production dans le cinéma d'animation allait enfin me décider à monter vers la capitale.


Depuis 2005, je travaille pour des studios parisiens, toujours comme designer, mais en me diversifiant sur la création au trait des modèles props (Titeuf le film, les Copains de la forêt) et décors (Les légendes de Tatonka, Académie Royale). 


Après avoir longtemps privilégié le dessin traditionnel sur papier, je pratique de plus en plus la peinture numérique grâce à la formation en matte painting sur Photoshop que je viens de suivre aux Gobelins. 


Et finalement, c'est grâce à ma compagne que j'ai appris progressivement à apprécier les couleurs plus froides de Paris.


Paris que j'aime bien, pour sa vie culturelle intense, mais que je ressens encore comme une ville fourmilière, qui cache sa chaleur humaine et sa vie laborieuse sous une carapace de zinc, de pollution et de mystère.
X.